Encore une nuit comme depuis 3 semaines à me lever toutes les 2 heures pour aller faire pipi.
Il est 8h30, j’ai un peu mal au ventre – j’ai d’ailleurs eu cette douleur toute la nuit mais elle ne m’a pas empêché de dormir – mais tout va bien. Je fais pipi, et comme depuis le tout début de ma grossesse, une fois que j’ai terminé je regarde dans les toilettes. Là je découvre que c’est « rosé » dans les toilettes. Je me rhabille, et je sens que ça coule un peu. Je regarde, et là je vois des gouttes rosées qui tombent. Je devine que ma poche des eaux s’est fissurée, donc il va falloir que je réveille Jérôme pour qu’on aille à la clinique.
Je m’approche de la porte de la chambre, et je dis à Jérôme « Jérôme, tu vas te réveiller doucement, tu t’inquiètes pas, mais on va devoir aller à la clinique car ma poche des eaux s’est fissurée ». Là il se lève super rapidement (lui qui d’habitude mets plutôt du temps) et commence à s’activer dans tous les sens (il s’habille, se lave vite fait, prend les affaires les amène à la voiture…) pendant que moi je me prépare tranquillement en m’habillant et en me faisant une toilette petit chat. Là, plus je marche plus ça coule, et heureusement que j’ai mis une protection sinon j’aurais ruiné le siège de la Smart.

Pour 9 heures nous arrivons à la maternité, et nous sommes installés directement dans la salle de naissance n°1. On me pose le monitoring, on regarde mon col qui s'est ouvert à 3 cm (hier il était ouvert à 2 cm) et on attend de voir. Là effectivement j’ai des contractions, plus ou moins fortes. La sage-femme revient au bout de 15 minutes et me dit qu’on va percer complètement la poche des eaux car ça continue à couler. Surprise quand la poche des eaux est percée, plus de 2 litres de liquide amniotique coule encore, c’est la folie.
Je reste allongée, à avoir toujours des contractions, de plus en plus fortes. La sage-femme revient vers midi pour voir où en est mon col, et là on s’aperçoit qu’il est ouvert à 9 cm. Youpi ! C’est trop cool ça veut dire que bébé va bientôt arriver…
Pour 14h45 je me fais poser la péridurale, car je ne tiens plus sous les contractions, et en plus bébé commence à descendre et donc à appuyer sur mon col ce qui me fait un mal de chien. Pendant que l’anesthésiste et la sage-femme me posent la péridurale, Jérôme va manger et boire un petit quelque chose car nous sommes partis à jeun (d’ailleurs moi depuis que je suis à la maternité j’ai super faim et super soif, mais je n’ai pas le droit donc je prends mon mal en patience, en utilisant le brumisateur qui me rafraichit à peu près 45 secondes).
Quand Jérôme revient, je ne sens plus les contractions et mes jambes sont un peu coton. Pour 15 heures, la sage-femme regarde mon col une fois de plus, et là bonne nouvelle, bébé est un peu descendu et appuie sur mon col, mais le souci c’est que du coup celui-ci s’est contracté et il n’est plus qu’ouvert à 5 cm. La sage-femme décide donc de m’installer une perf afin d’augmenter les contractions et du coup de faire descendre le bébé pour accélérer le travail. (d'ailleurs elle m'a promis que je tiendrais mon bébé dans mes bras avant la fin de sa garde. Quand elle m'a dit ça, je lui ai demandé à quelle heure elle terminait car j'avais peur qu'elle me sorte "à 7 heures demain matin", mais non, elle me répond qu'elle finit à 20 heures. Ouf !).
A 15h30, la péri ne fait pratiquement plus effet, donc je me réinjecte une dose, et là elles deviennent plus supportables, car on atteint pratiquement le summum de la force des contractions.

Mais 10 minutes plus tard, alors que les contractions continuent bon train, je vois sur l’écran du monito, que le cœur de bébé est en train de s’effondrer. En quelques secondes, son petit cœur passe de 140 pulsations à moins de 40 !!! Le monito sonne, moi je sonne aussi l’équipe médicale qui en fait arrive tout de suite. Ils débarquent à 4, sans stress, sans rien mais moi je n’ai les yeux rivés que sur l’écran et là je commence à paniquer. On me fait mettre sur le côté gauche, on me met un spray mentholé dans la bouche, et on me met sous oxygène afin d’essayer de faire remonter le cœur du bébé. Son petit cœur remonte doucement à 100 pulsations, mais là l’équipe médicale ne veut pas prendre de risques avec d’autres contractions qui pourraient mettre bébé en danger et du coup on m’explique qu’on va me faire une césarienne. Je me fous qu’on me fasse une césarienne ou non, la seule chose que je veux c’est que mon bébé aille bien.

L’équipe médicale propose à Jérôme de m’accompagner au bloc, mais celui-ci préfère rester à m’attendre dans la chambre. Pendant qu’on m’emmène au bloc qui doit être à 10 mètres de ma chambre, on m’explique qu’on va m’injecter une dose plus forte de péridurale, que je vais tout sentir mais sans ressentir la douleur. Je suis installée sur la table du bloc, branchée de partout et je reste derrière mon drap - afin de ne pas voir ce qu’on me fait – avec l’anesthésiste qui est très sympa.
Le docteur et les sages-femmes (il y a bien 5 personnes autour de moi et 3 ou 4 pour récupérer le bébé) commencent leur boulot, et je ne sens pas qu’on m’ouvre, mais je sens très bien que quelqu’un appuie sur mon ventre. Là, j’entends « l’aspirateur » qui aspire encore tout le liquide amniotique qu’il y a dans mon ventre (ils ont du aspirer encore au moins 1,5 litres, pas étonnant que la sage-femme hier m'ait parlé de "piscine olympique !") et tout d’un coup j’entends mon bébé qui pleure. Directement après, une sage-femme m’amène mon bébé, mon Lucas, et je peux l’embrasser. Quand son petit visage rentre en contact avec le mien, il arrête de pleurer et moi je suis prise par l’émotion et je me mets à pleurer. Je ne l’ai pas beaucoup vu, mais j’ai remarqué qu’il a des doigts très longs et je fonds. C’est un instant super fort et j’ai hâte d’être avec mon mari et mon fils, en famille.

Quand je tourne la tête sur la droite, j’aperçois une porte vitrée et je vois que des sages-femmes et des puéricultrices s’occupent de mon bébé. Le temps me semble très long pendant qu’on me recoud, mais heureusement l’équipe médicale me dit où elle en est rendue ce qui me permet de patienter un peu plus.
Je suis ramenée dans ma chambre, et sur le chemin du bloc à la chambre, les sages-femmes me disent que c’est un magnifique bébé avec de grands yeux qui ne fait que regarder son papa. Et effectivement, quand j’arrive dans la salle de naissance je découvre Jérôme avec notre fils dans ses bras qui le regarde avec de grands yeux. Jérôme m’amène Lucas sur moi et je peux enfin être auprès des deux hommes que j’aime.

Bien entendu je suis objective, et je trouve que notre fils est le plus beau du monde avec ses grands yeux bleus. Il regarde tout autour de lui et c’est un enchantement de l’avoir dans les bras avec Jérôme auprès de nous.
Là le temps passe vite et je sens la péridurale qui petit à petit quitte mon corps. J’ai oublié la faim et la soif, je vis ces instants magiques à 200% et je savoure. Oublié les 4 mois de nausées, oublié l’eczéma, oublié les œdèmes et tout ce que j’ai pu vivre de moins bien pendant ma grossesse, je suis au summum du bonheur et c’est le principal.

Vers 16h30 j’appelle ma mère car j’ai envie de la prévenir, j’ai envie de vivre mon bonheur avec les gens que j’aime. Quand je l’appelle elle ne s’attend pas du tout à ce que je vais lui annoncer. Je lui ai dit : « Allo Maman, c’est moi. C’est pour te dire que t’es mamie ». Et là elle me demande qui c’est ! Et je lui réponds « ben c’est moi, Amélie, je viens d’accoucher par césarienne, et Lucas est né à 15h50 ». Bien sûr grosse émotion, et elle me demande si elle veut qu’ils viennent et je dis oui, j’ai envie de voir mes parents, leur montrer notre merveille. Je raccroche et j’appelle direct ma sœur adorée, la Marraine de Lucas, pour lui annoncer la bonne nouvelle, mais en fait elle s’en doutait, elle l’avait deviné dès le matin et de toute façon elle avait passé sa journée à nous harceler au téléphone et comme on répondait pas, elle s’en doutait.

On reste 2 heures dans la salle de préparation à la naissance, tous les 3, en famille, puis comme tout va bien au bout des 2 heures, on nous monte dans la chambre. Là mes parents sont déjà arrivés et ils attendent qu’on nous monte. Ils sont super impatients, et ma mère court presque à ma rencontre quand elle voit le lit sortir de la salle pour prendre l’ascenseur. C’est un moment très fort et mes parents découvrent notre petit ange qui est posé sur mon ventre. Une fois dans la chambre, ma mère prend Lucas dans ses bras et le couvre de bisous pendant que mon père essaye de le prendre en photo. Bien entendu, en parents et en grands-parents très objectifs, on le trouve magnifique, le plus beau des bébés… Je suis fatiguée, un peu, mais je suis trop heureuse pour vouloir faire une sieste ou quoi que se soit.
Mes parents resteront une bonne heure avec nous, puis ils nous laisseront tous les 3 nous retrouver avant que Jérôme parte pour 21 heures. Et oui, une journée pareille pleine d’émotions et de joie, c’est fatiguant, et aussi bien lui que moi avons besoin de nous reposer. Ca me fend le cœur de voir mon mari adoré partir, mais pas le choix et puis je sais que lui aussi ça lui fait de la peine de nous laisser, mais dès demain matin il sera de nouveau auprès de nous...........


Avec Maman à la sortie du bloc :


Avec Papa et Maman, 3 heures après la naissance :


A peine né et déjà très attentif à son Papa :


Avec Parrain :


Avec Marraine :


Papa me donne le biberon :


Au tour de Maman de me donner le biberon :


Papa s'amuse quand il me change :